Annecy, Crédit Mutuel des Professions de Santé (CMPS)
Vendredi 11 avril 2008
Tout d’abord, je tiens à vous dire combien je suis heureuse d’être là ce soir pour une nouvelle exposition et fêter ce partenariat avec le CMPS. Je remercie tout particulièrement le directeur, M. Cécile, qui est à l’origine de ce projet. Pendant la préparation de cette exposition, il a été très présent, apportant son aide, son aide physique (il a aidé à porter et à suspendre les tableaux) , son aide financière pour 3 années consécutives, permettant ainsi de poursuivre les expositions en France et à l’Etranger.
Maintenant je voudrais vous parler de mon mari Henry Dancer.
Lorsque l’on s’est connu, en 1989, il m’a offert deux livres.
-Le premier est : « peindre c’est aimer à nouveau » d’Henry Miller qu’il admirait tant. L’auteur est un écrivain déjà célèbre quand il se met à peindre, comme un débutant et tout au long de ce petit livre, il nous confie son bonheur de peindre et nous encourage à le faire, même et surtout si on ne sait pas peindre. Just do it.
-Le deuxième est un livre de Kandinsky : « Du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier ».
Lors de la dernière exposition à Washington, le journaliste John Blee a comparé la peinture d’Henry Dancer au Blue Ritter et à l’abstraction lyrique de Kandinsky. Cela m’a donné envie de relire ce livre , il y a quelques jours, et je suis frappée par la similitude de ces textes avec ce que disait Henry sur le beau, la source intérieure, la création.
Henry disait :
« Je ne cherche pas à faire beau »
et à la page 26, je lis :
« Une œuvre d’art est un être actif, créateur de l’atmosphère spirituelle. Une œuvre d’art n’est pas belle, plaisante, agréable. Elle n’est point là en raison de son apparence ou de sa forme qui réjouit nos sens. La valeur n’est pas esthétique. Une oeuvre est bonne lorsqu’elle est apte à provoquer des vibrations de l’âme, puisque l’art est le langage de l’âme et que c’est le seul. »
Henry disait :
« C’est plutôt bon signe si ma peinture dérange. »
et à la page 88 :
« Ce beau intérieur est le beau auquel on a recours par une nécessité intérieure impérative en renonçant au beau conventionnel. À celui qui n’est pas habitué, ce beau intérieur paraîtra évidemment laid, car l’homme tend en général à l’extérieur et ne reconnaît pas volontiers la nécessité intérieure. »
Henry disait :
« Il faut du temps pour apprécier une peinture »
et page 22 je lis :
« L’émotion de l’œuvre devient plus grande avec le temps qui s’écoule. Autrement dit, le temps facilite l’émergence de ce qui fera la grandeur de l’œuvre. »
Henry disait :
« Le peintre, c’est celui qui peint. Moi, je dois peindre. »
et Kandinsky parle de la nécessité intérieure.
Page 138 je lis:
« L’artiste doit être aveugle vis-à-vis de la forme reconnue ou non reconnue, sourd aux enseignements et aux désirs de son temps.
Son oeil doit être dirigé vers sa vie intérieure et son oreille tendue vers la voix de la nécessité intérieure.
Henry disait :
« Ce qui est important en peinture, c’est d’ouvrir une voie »
Page 98 je lis:
« Un artiste ne voit pas pour lui-même, un but dans l’imitation, même artistique. Un artiste veut et doit exprimer son monde intérieur. »
Voilà ce que je voulais vous dire encore ce soir :
Les tableaux choisis pour cette exposition sont vifs, colorés, plein de gaieté, comme le printemps. Ils s’adressent à chacun de nous.
Regarder les tranquillement, sans chercher d’explication ou de ressemblance avec une quelconque réalité.
Alors vous pourrez peut-être répondre à cette question :
« ont-ils fait vibrer votre âme ? »